Jean Judet

 

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Les biographies du GEOP

"QUI ETAIT-IL ?"

Jean JUDET (1905 - 1995) par Jacques Caton (Lyon)

" Guérir parfois, soulager souvent, consoler toujours" de Henri JUDET, son père.

Retracer la vie et l'activité de Jean JUDET est une entreprise complexe aussi bien du fait de sa personnalité que de l'association dans sa vie professionnelle à l'activité de son frère ; leurs travaux multiples, rendant difficile la part de ce qui revient à l'un ou à l'autre. En effet, ainsi que le dit Jean JUDET "du début de nos études à la disparition de mon frère en 1980 notre collaboration fut de tous les jours, souvent nos idées étaient communes, parfois elles divergeaient et c'était un débat fécond qui se terminait par un accord" .

Jean JUDET était théoriquement un chirurgien d'enfant mais il se définit lui-même dans son livre "Chirurgien de père en fils" comme un "Chirurgien osseux s'occupant à la fois d'orthopédie infantile et adulte".

D'origine paysanne mais à deux générations ; ses deux grands-pères étant Creusois. L'un des deux grands-pères, Jean JUDET, finit sa carrière comme Député de la Creuse et le père de Jean JUDET , Henri JUDET, fit une licence de science, devenant Interne des Hôpitaux de Paris et fut, comme l'indique Jean JUDET lui-même, "déjà l'un des pionniers" de la chirurgie orthopédique en France .

Après un baccalauréat de philosophie et des études à la Faculté de Médecine de Paris, Jean JUDET est nommé Interne des Hôpitaux de Paris en 1928, soit à l'âge de 23 ans, et Chef de Clinique de 1934 à 1940. D'abord élève de Louis OMBREDANNE en quatrième année d'internat, c'est avec le Professeur FEVRE qu'il s'initie à la chirurgie pédiatrique aux Enfants Malades.

Mais il est difficile de parler de l'influence des patrons de Jean JUDET sans parler de son père Henri JUDET qui fût l'un des premiers à exercer l'orthopédie de façon exclusive en France. Sa pratique des fractures des membres faisait autorité à l'époque. Il consacra par ailleurs de nombreuses recherches et de nombreuses techniques chirurgicales au traitement des luxations congénitales de la hanche, les pieds bots ou autres malformations congénitales. Il utilisa largement et perfectionna le fixateur externe de LAMBOTTE, ce qui ne fut pas sans influence sur la carrière des frères Jean et Robert JUDET.

Après la guerre, Jean JUDET fut chirurgien à l'Hôpital Saint Vincent de Paul en 1942, puis à l'Hôpital Saint Louis de 1942 à 1949 et enfin, à l'Hôpital des Enfants Malades de 1949 à 1970.

Très tôt avec son frère, il entreprend des études expérimentales notamment des tests d'usure et de résistance des métaux ou de matières plastiques en collaboration avec l'industrie mécanique. Il faut surtout citer leurs recherches sur la tolérance du méthacrylate de méthyle avec comme corollaire la mise en place pour une arthrose évoluée et invalidante, de la première prothèse de hanche en 1946. (La conception d'une prothèse du genou suivra celle de la hanche).

L'autre direction des travaux de Jean JUDET est plus biologique. Parmi les deux voies utilisées pour rendre une mobilité et une indolence à une articulation, outre la voie endoprothétique, Jean JUDET a mis au point une opération d'arthrolyse du genou avec désinsertion de l'appareil extenseur devenue une opération classique utilisée dans de nombreux domaines de la pathologie post-traumatique ou congénitale notamment dans les luxations permanentes de la rotule chez l'enfant. Suivent également d'autres interventions mobilisatrices en particulier au niveau de la cheville avec le distracteur de Robert JUDET.

L'esprit inventif des JUDET ne s'arrêta pas aux articulations. En 1950, Robert et Jean JUDET opérèrent une scoliose chez deux soeurs avec une réduction peropératoire de la déviation à l'aide d'un treuil actionnant un câble entraînant lui-même un étirement des vertèbres supérieures et inférieures de la courbure instrumentées par un crochet à chaque niveau. Ils ne poussèrent malheureusement pas plus loin la recherche dans ce domaine...

En 1965, dans le cadre de la chirurgie du pied, mise au point de l'opération dite du Cavalier de JUDET, intervention devenue un traitement classique du pied plat. Jean JUDET a apporté par ailleurs une contribution importante dans le traitement des pieds bots varus équins de l'enfant par la reposition sous astragalienne. Dès 1969, il participa à l'application de l'appareil d'allongement mise au point par son frère Robert.

En 1970, avec son frère Robert JUDET, poursuivant ses travaux de recherche sur la chirurgie prothétique, Jean et Robert mettent au point des prothèses sans ciment à surface rugueuse dites en porométal.

Dans les années 80, Jean JUDET s'intéresse également à la microchirurgie avec mise au point d'une intervention chirurgicale consistant, dans les nécroses de hanche à réséquer la nécrose et à revasculariser la tête par une greffe pédiculée (le péroné prélevé avec son pédicule nourricier) et anastomosée à l'artère et à la veine circonflexe antérieure.

C'est enfin grâce à l'obstination de Jean JUDET que l'on doit, l'inscription par Mme DIENECH alors secrétaire d'Etat de la Santé, de l'examen systématique des hanches du nouveau-né dans le carnet de santé de l'enfant

Enfin, Jean JUDET fut un grand résistant; opérant de nombreux blessés soldats étrangers, soldats alliés ou résistants dans sa Clinique devenue un relais pour des parachutistes abattus, ce qui lui valut un certain nombre de décorations notamment la Légion d'Honneur, la Croix de Guerre, la Médaille de la Résistance et la Croix du Combattant Volontaire de la Résistance.

 






Références

Remerciements à son fils Henri JUDET..

"Chirurgien de Père en Fils" par Jean JUDET Collection ARTHAUD.

 

 

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