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Historique
Les biographies du GEOP
"QUI ETAIT-IL ?"
Guillaume-Benjamin DUCHENNE DE BOULOGNE (1806-1875) par G. Finidori (Paris)
La vie
Guillaume-Benjamin Duchenne est né à Boulogne-sur-Mer le 17 septembre 1806. Bachelier en 1825, il part faire ses études de médecine à Paris. En 1831, Duchenne soutient sa thèse: « Essai sur la brûlure. ».
Il revient alors à Boulogne où il restera jusqu'en 1842 avant de s'établir définitivement à Paris. Sans titre officiel, il fréquente de nombreux hôpitaux: la Pitié, Lariboisière, la Salpétrière, la Charité. Il se lie à de grands médecins, Aran, Charcot, Lassègue, Trousseau, Vulpian. Duchenne commence alors une carrière de chercheur: « Si j'avais été Médecin des Hôpitaux, rivé pour ainsi dire à mon service, je n'aurais pu remplir la tâche de chercheur que je me suis imposé et je suis convaincu que mes principaux travaux, entre autres, sur l'atrophie musculaire progressive, la paralysie atrophique de l'enfance, l'ataxie locomotrice progressive, la paralysie glosso-labio-pharyngée et la paralysie pseudo-hypertrophique n'auraient jamais vu le jour. ». Duchenne va publier régulièrement des articles dans diverses revues médicales et présente de nombreux mémoires dans les Sociétés Savantes: « Propriétés physiologiques et thérapeutiques des diverses sources électriques.» , «Recherches électrophysiologiques sur les fonctions des muscles de la face. »...
En 1851 il définit la paralysie saturnine, l'atrophie musculaire progressive, la paralysie atrophique de l'enfance, les paralysies générales spinales et l'ataxie locomotrice. Il décrira surtout plus spécialement la paralysie pseudo-hypertrophique qui sera connue sous le nom de maladie de Duchenne de Boulogne. Reconnu et honoré par ses pairs, il recevra de nombreux prix, la Légion d'Honneur et sera membre de la Société de Médecine de Paris.
En 1855, il publiera son livre: « De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutique. ».et en 1862, « Mécanisme de la physiologie humaine ou analyse électro-physiologique de l'expression des patients applicable à la pratique des arts plastiques. ». De nombreuses photographies illustrent cet ouvrage. Il fera paraître aussi un album de photographies pathologiques en complément de son livre sur l'électrisation localisée.
A partir de cette période, Duchenne poursuit ses travaux à la Salpétrière dans le service de Jean-Martin Charcot. En 1867, il fait paraître: « La physiologie des mouvements démontrée à l'aide de l'expérimentation électrique et de l'observation clinique et applicable à l'étude des paralysies et des déformations. ».
Dans les années 1871, Duchenne va correspondre avec Darwin lequel fera longuement référence aux travaux de Duchenne et illustrera de plusieurs photographies empruntées au « Mécanisme » dans son livre « The expression of emotions in man and animals. ».
En 1875 Duchenne est frappé par une crise d'apoplexie. Charcot l'assistera jusqu'à sa mort qui surviendra le 17 septembre. Le 21 septembre 1875, Duchenne est enterré à Boulogne-sur-Mer.
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L'homme.
Peu de temps après sa mort, le 21 octobre1875 et les 13 et14 janvier 1876, à la demande de sa bru Julie Duchenne, un inventaire est dressé: le Docteur Duchenne de Boulogne était locataire d'un grand appartement situé dans le boulevard des Italiens à Paris et qui comprenait onze pièces parmi lesquelles un cabinet d'anatomie, un cabinet de consultation, un cabinet noir et un laboratoire. Duchenne avait de multiples occupations, il était anatomiste, consultait tous les jours de une heure à trois heures et réservait deux jours de consultation par semaine aux plus démunis. C'était un bourgeois aisé, il a collectionné les objets de tous genres dont il avait, dit-il, encombré son appartement. Il avait du matériel photographique et de projection. Duchenne détenait aussi des actions de la ville de Paris, des Chemins de Fer du Midi, d'Orléans et de sa ville natale. Il possédait aussi une cave avec du bon vin !
La vie de Guillaume-Benjamin Duchenne a marqué ses contemporains, elle a été dominée par son caractère passionné et par son oeuvre novatrice. Il s'est imposé une continuité de travail de son vivant et n'a jamais quitté le devant de la scène neurologique.
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L'oeuvre de Duchenne.
Le nom de Duchenne reste inséparable dans le monde entier du mot de myopathie. La « paralysie pseudo-hypertrophique » sera la première des affections muscumaires à être identifiée au niveau de son gène. Ainsi le nom de Duchenne reste prononcé chaque jour dans tous les laboratoires du monde qui ont participé à l'émergence de la génétique moderne. La découverte du gène de la maladie de Duchenne et l'identification de la protéine défaillante (la dystrophine) va avoir un retentissement considérable, bien au delà du monde scientifique. La formidable impulsion qui sera donnée par les Associations de Patients va profondément transformer les données de la recherche et demain, de la thérapie.
Duchenne a eu le mérite de reconnaître cette affection musculaire responsable de l'hypertrophie musculaire, paradoxalement accompagnée d'une faiblesse progressive. Grâce à son « emporte-pièce », il en a précisé les caractères histologiques et grâce à sa fameuse « bobine », il en a reconnu les données électrologiques. En collaboration avec ses collègues et, entre autres, Charcot, il a identifié l'intégrité de la moelle épinière et des racines nerveuses lors des premiers contrôles autopsiques.
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La physiologie des mouvements a tenu une part très importante dans l'oeuvre de Duchenne. Il y travailla pendant près de vingt-cinq ans. Il voulait renouveler ce domaine essentiellement étudié par les anatomistes et combiner deux approches personnelles: la faradisation localisée qui permettait l'analyse du mouvement provoquée par la mise en action d'un muscle ou d'un chef musculaire donné à l'exclusion de tout autre, sans intention volontaire du sujet et en dehors de toute effraction cutanée. Les résultats étant confrontés aux analyses cliniques rencontrées dans diverses conditions pathologiques. Son oeuvre fût majeure, elle renouvelait l'anatomie du système musculaire et la rendait vivante.
Duchenne fit toute une série de découvertes sur la motricité de la main, sur l'action du diaphragme, des muscles intercostaux, des muscles spinaux, abdominaux... On lui doit aussi une clarification des mécanismes de synergie fonctionnelle entre les divers groupes musculaires.
La somme des travaux fut considérable et tous les travaux photographiques réalisés sur les muscles du visage sont probablement un des aboutissements de l'oeuvre de Duchenne. La stimulation sélective de tous les muscles peauciers du visage permettait une analyse du langage des passions et des sentiments.
Duchenne de Boulogne tient dans l'histoire de la médecine, une place éminente: « le petit vieux avec sa boite à malices », comme l'appelaient gentiment les vieilles pensionnaires des divisions de la Salpétrière, a ouvert une voie qui ne cesse, surtout depuis un demi-siècle, de s'élargir. Le champ des maladies neuro-musculaires qu'il a largement contribué à définir est aujourd'hui le lieu de recherches et d'innovations thérapeutiques qui font l'honneur de la médecine moderne.
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Note de l'auteur
Ce bref et imparfait résumé de la vie de Duchenne de Boulogne a été réalisé grâce à la monographie qui lui a été consacrée et qui a été éditée par l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts (Janvier 1999) suite à l'exposition dédiée à la mémoire de Pol Le Coeur, Professeur d'anatomie-morphologie à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de 1956 à 1978.
Je me suis plus qu'inspiré de l'excellent article que Michel Fardeau a écrit pour cette monographie : « Actualité de l'oeuvre de Duchenne de Boulogne ».
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