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De 1803 à 1812, il " monta " à Paris, travailla avec G. DUPUYTREN et fit la traduction française de l'oeuvre de A. SCARPA sur " Recherches sur les anévrismes ". Puis , il se présenta au concours pour l'obtention de la chaire de Clinique Externe de Montpellier où il fut reçu et devint Professeur de Clinique Chirurgicale, en septembre 1812. Il rompit, alors, avec son temps en affirmant " qu'un chirurgien est avant tout un médecin de premier ordre " et en prônant le temps plein hospitalo-universitaire à l'Hôpital St Eloi: " j'ai pris le parti de m'occuper de la clinique chirurgicale le matin et d'enseigner l'après-midi. ".
En 1816, il réalisa la première ténotomie sous-cutanée du tendon d'Achille chez un enfant de 9 ans présentant un pied bot varus équin résistant aux attelles. Il utilisa une double voie latérale " de l'étendue d'un pouce ", puis, il coupa le tendon d'avant en arrière avec un bistouri convexe sans toucher à la peau. Il ne corrigea le pied en flexion dorsale qu'au 28e jour et obtint un bon résultat qui a été confirmé par le Docteur BOUVIER vingt ans après). Cette technique décrite dans le " Précis des maladies réputées chirurgicales. " en 1816, sera reprise et améliorée par divers chirurgiens européen parmi lesquels STROMEYER en 1878 fut l'un des premiers.
En 1823, il publia son livre sur " La chirurgie clinique de Montpellier." dont un chapitre est consacré aux pieds bots. La description qu'il en fit n'a rien d'originale par rapport a celle de A. SCARPA en 1803. Probablement avait-il lu son traité lorsqu'il avait traduit l'observation sur l'anévrisme de l'aorte. Par contre, constatant les déformations osseuses et les déséquilibres musculaires, il tenta d'en expliquer leur genèse : " ...ainsi une affection des muscles qui changerait l'état de leur longueur, pourrait donner lieu secondairement à l'inclinaison des os et à la difformité du pied. ...La permanente déviation du pied devrait gêner le développement des os dans les points où ils éprouvaient une compression de la part des os voisins détournés de leur situation naturelle. .... on ne peut guère se refuser à admettre que la compression constante et réciproque des surfaces articulaires de deux os à une époque où la nature est occupée au développement ne puisse changer la forme qui doit en résulter. Il paraissait donc pressant d'agir au plus tôt dans l'intention de restituer au pied sa forme primitive. ... on pouvait espérer ainsi tirer parti de l'extensibilité des ligaments et des muscles ainsi que de cette compression mutuelle des os encore peu développés pour accélérer les progrès ultérieurs de cette difformité .".
Ainsi, il y a 170 ans , J.M. DELPECH, évoquait l'origine musculaire des pieds bots - quoi de plus en 1998 ? - et posait les bases physio-pathologiques de l'orthopédie pédiatrique en entrevoyant le jeu de sollicitations réciproques et leurs conséquences sur la morphologie des os et des articulations. Il n'a pas explicité lui-même les lois de la croissance osseuse mais il les a suscitées et l'on peut toujours parler des " Lois de DELPECH " qui restent fondamentales pour notre communauté.
Un médecin issu d'une autre spécialité que l'orthopédie pédiatrique, aurait pu décrire une version différente de l'histoire de J.M. DELPECH tant il fut protéiforme et novateur : chirurgie plastique (appareil d'immobilisation dans la réalisation des greffes à l'italienne), chirurgie du rachis (création d'un corset articulé), chirurgie humanitaire (épidémie de choléra en Grande Bretagne, prise en charge des émigrés " sans papiers " à Toulouse .....)
Il mourut assassiné à Montpellier, le 29 octobre 1832, à l'âge de 55 ans par un malade d'origine bordelaise qu'il avait opéré d'un varicocèle.
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